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Tu hésites entre deux jeux. Essaie ce test en trois cartes avant de décider

Compare Marseille et Rider-Waite-Smith par leurs cartes mineures, le poids des scènes et un test de lecture concret, sans étiqueter ton type de personnalité.

Publie 22 juin 20268 min de lecture

Je ne peux pas te dire quel jeu est « mieux pour débuter ». Ce que j’ai observé chez moi comme chez d’autres, c’est que le système avec lequel tu arrives le plus facilement à expliquer — et à remettre en question — ta propre lecture est souvent celui que tu garderas.

Imagine que tu poses le Huit d’Épée devant toi dans deux jeux différents. D’un côté, une édition Rider-Waite : tu vois un personnage, une posture, des bandeaux, une couleur dominante qui te saute aux yeux. De l’autre, un Marseille traditionnel (selon l’édition) : la carte montre surtout la disposition des lames, avec des ornements qui varient, mais sans personnage central. Dans le premier cas, l’image te raconte déjà une petite histoire. Dans le second, tu dois construire quelque chose à partir du nombre, de la suite et de la position.

Aucune de ces deux approches n’est « naturellement » plus intuitive. J’ai vu des personnes très visuelles se bloquer sur les scènes du Rider-Waite parce qu’elles s’identifiaient trop vite au personnage ligoté, et des personnes très analytiques rester muettes devant les enseignes seules. Le choix ne dépend pas d’un type de cerveau, mais de ce que tu arrives à faire avec ta première impression.

Le point qui change tout dans la pratique quotidienne

Les deux jeux sont des tarots complets de 78 cartes. L’écart le plus concret se joue dans les cartes numérales.

Dans le système publié en 1909 par Arthur Edward Waite et Pamela Colman Smith (Victoria and Albert Museum), chaque carte numérale est une petite scène illustrée : un personnage, un détail du décor, une ambiance. Dans les jeux de Marseille plus anciens ou proches de la tradition, les numérales présentent surtout la répétition de l’enseigne, parfois avec des motifs floraux ou géométriques qui varient selon l’éditeur.

Point de comparaisonCe que je regarde en premier sur un Rider-WaiteCe que je regarde en premier sur un Marseille
Mon point d’entréeLa posture, l’ambiance, les détails de la scèneLe chiffre, la répartition des enseignes, la symétrie
Le piège que je connaisPrendre la scène comme un fait réel (et ajouter une peur qui n’existe pas dans la situation)Plaquer des mots-clés comme « conflit » ou « perte » sans vérifier la position de la carte
Ce que je dois vérifierQu’est-ce que cette image me fait supposer sans preuve ?Pourquoi cette carte-là plutôt qu’une autre de la même suite ?

Je ne dis pas qu’un système est plus risqué que l’autre. Ce sont des pièges différents.

Une même situation peut déraper des deux côtés

Tu essaies de préparer un échange difficile au travail. Avec une carte narrative du Rider-Waite, tu pourrais vite entrer dans un personnage — celui qui est dos au mur, celui qui tourne le dos, celui qui compte ses pertes. À ce moment-là, il faut revenir à ce qui est vérifiable : qui a formulé la demande, quel accord manque, quelle phrase précise tu as besoin de dire.

Avec un Cinq d’Épée du Marseille, le risque est de poser le mot « défaite » et de ne plus regarder. Si la carte tombe dans une position « ressource disponible », parler seulement de défaite te bloque. Il faut chercher ce qui, dans cette configuration, pourrait servir : du discernement, la décision d’arrêter une escalade, une forme de retrait lucide.

J’ai commis les deux erreurs, plus d’une fois. La question utile n’est pas « quel jeu est le plus clair », mais « quel jeu me permet de repérer où commence ma projection ».

Avant d’acheter, essaie ce test de trois cartes

Si tu hésites entre les deux systèmes, voici un exercice simple que j’ai refait pour moi-même. Il prend une trentaine de minutes.

  1. Prends trois cartes numérales comparables, dans des reproductions fiables (les couleurs changent énormément d’une édition du Marseille à l’autre).
  2. Décris chaque carte sans aucun mot-clé : objets, directions, densité, gestes s’il y a un personnage, occupation de l’espace.
  3. Donne à chaque carte une position simple — par exemple « ce qui complique la situation » — et écris une seule hypothèse de lecture.
  4. Souligne ce que l’image t’a aidé à voir, puis ce qu’elle t’a fait supposer sans preuve.

Si tu veux comparer des éditions du Marseille, je me suis appuyé sur la base de la BnF donne accès à plusieurs tarots historiques en ligne un jour où je me demandais pourquoi un même chiffre ne produisait pas le même ressenti selon l’édition. Utilise une édition datée précisément : les ornements, les teintes et la densité visuelle ne sont pas les mêmes entre un Marseille de 1740 et une réédition des années 1970.

Une image facile à raconter n’est pas forcément facile à vérifier. Une image ouverte n’est pas forcément libre de projection.

Relis tes phrases après trois cartes. Le meilleur indicateur n’est pas « ce jeu me correspond », mais « je vois d’où vient cette interprétation et où elle s’arrête ».

Arrête-toi avant de choisir

Je n’ai pas la réponse pour toi. Mais si, en relisant, tu remarques qu’un jeu t’aide à formuler une hypothèse que tu peux corriger ensuite, et que l’autre te laisse sans prise sur ta première impression, tu tiens peut-être une indication.

Sinon, tu peux poser les deux jeux de côté pendant une semaine. Celui que tu reprendras sans réfléchir sera probablement le bon.

Débuter avec le Tarot de MarseilleCommence avec une structure courte et un vocabulaire relié aux positions.